Peindre le blanc: Syriak l'Intrépide, incarné wolfen
Prologue
Il y a quelques semaines, quelqu'un demandait naïvement sur un forum Hobby "Comment peindre le blanc?"
Pourquoi naïvement? Parce qu'il a obtenu ce qu'on obtient en général sur ce forum: les éternelles réponses à ce genre de question, qui consistent à indiquer une liste de couleurs à appliquer dans un certain ordre...
Ma réponse à moi fut, comme souvent "ça dépend de l'effet qu'on veux obtenir".
Le blanc c'est blanc. Par conséquent les "couleurs" qui vont s'afficher
dessus, les ombres... résultent de la lumière ambiante, de la réflexion
de la lumière sur les surfaces proches, etc. Des conditions qui varient
grandement d'une situation à l'autre.
En peinture de figurines,
on ignore souvent les conditions réelles de lumière, pour simuler une
situation particulière. Que ce soit la direction de la lumière, souvent
par convention, venant du haut, ce qu'on appelle aussi "éclairage
zénithal", ou la couleur de cette lumière (dans les cas les plus spectaculaire: celle
d'une flamme, d'une pierre magique verdâtre, etc...).
C'est avec la
peinture qu'on "impose" une vraie-fausse situation de conditions
lumineuses. Par le choix des peintures on va colorer
(peindre/teinter) avec des vraies couleurs, en trompe l'oeil, différents
tons.
Le blanc et ses ombres ne seront donc pas forcément
blanc/blanches mais donneront l'IMPRESSION d'une surface blanche :
l'œil voit un ensemble de variations de couleurs, mais l'esprit
comprend "c'est un manteau blanc, une armure blanche, etc.).
Par
conséquent, si on veux donner l'impression, par exemple,
- d'une
ambiance sombre, de nuit... on fera plutôt des ombrages avec des gris
bleus,
- de chaleur, de désert, avec des jaunes, ocres, marrons,
terres...
- une impression très neutre (mais assez artificielle
finalement, donc plus réservé aux "exercices de style"): des gris
neutres (c-à-d des mélanges de noir et de blanc purs).
En fait, pour obtenir un résultat, il s'agit de mettre de notre coté l'interprétation par l'esprit, pas la perception par l'œil.
Expérience
Il se trouve que j'avais en stock une figurine wolfen à peindre, Syriak l'Intrépide (métal, Rackham) que j'aurais bien traitée "globalement blanche". J'y ai vu l'occasion de tester plusieurs ombrages colorés chauds/froids sur une seule figurine. Pour voir ce que ça donnerait.
J'ai donc repris la pierre de lune en dégradé de bleu du bas vers le haut (pour le résultat final, pour l'action elle-même c'était plutôt l'inverse, ou à l'horizontal). Beaucoup d'Hawk Truquoise et un peu d'Electric Blue GW dessous.
J'ai aussi peint les cornes du crâne en dégradé noir->marron foncé->Vermin Fur->ocre jaune->blanc (selon une méthode progressive du plus clair au plus sombre, proche de celle décrite ici)
J'ai aussi accentuée ou précisées certaines ombres entre les muscles et même rajouté un peu de marron à la base des griffes.
Conjugué au travail sur le socle, c'est beaucoup plus intéressant au final:
Conclusions:
Pour conclure sur CETTE expérience, il est intéressant de comparer cette figurine à deux autres peintes avant:
Cette Vestale a un pelage sombre. Sa tunique et ses bandelettes, ombrées en bleu, m'apparaissent À MOI comme blanches, avec des ombres bleutés. C'est le contraste avec le pelage qui fait que l'on peut interpréter le bleu pâle comme du blanc.
Ce Worg a un pelage blanc, avec des ombres chaudes (chair, marron, et aussi un peu de gris). C'est le contraste avec son équipement, sombre, qui fait que l'on peut interpréter ces teintes chaudes comme du blanc.
Dans le cas de Syriak, l'impression est plus mitigée. Pour que la figurine soit lisible, les crânes sont clairement plus jaunâtres que blancs, seules certaines parties sont interprétables comme blanches (ça correspond à la façon dont je peins les os habituellement). Le contraste entre les blancs chauds et les blancs bleutés ME donne à moi l'IMPRESSION que je n'ai pas des vêtements et bandelettes blanches avec des ombres bleutées mais plutôt une matière bleue, très pâle.
Peut-être parce qu'un loup très clair est immédiatement reconnu comme un loup blanc. Par conséquent si c'est le pelage qui est interprété comme blanc, ce qui contraste avec lui ne peut pas être blanc.
Je soupçonne que si j'avais fait l'inverse (ombre du pelage en bleu, ombres des accessoires en tons chauds) j'aurais obtenu la même perception: l'équipement n'aurait pas été vraiment perçu comme blanc mais comme jaune très pâle.
Fort de cette leçon, je pense que pour un traitement du même genre, il me faudrait à l'avenir renoncer à faire passer pour blanc, sur une même figurine, des surfaces ombrées en chaud ET en froid. Ce qui permettra d'obtenir un résultat plus intéressant, car plus contrasté, et de travailler les blancs de manière plus intense.
Voir aussi:
- Le Grand Livre de la Peinture sur Figurine, chapitre La peinture du noir et du blanc, pp. 47 à 51.
- Tuto: Peinture d'un Plaguebone, par Morbäck sur le Blog des Kouzes.






